La curcumine

La curcumine, le composé actif du curcuma

Description

La curcumine est l’une des substances naturelles les plus étudiées de ces dernières années.

Ce pigment, responsable de la couleur caractéristique du curcuma et couramment utilisé comme colorant alimentaire, est avant tout un puissant antioxydant et anti-inflammatoire naturel.

La curcumine est un pigment dit « polyphénolique » c’est à dire appartenant à la famille des polyphénols. Ces derniers sont présents dans de nombreux végétaux, fruits et légumes. La curcumine est issue de la racine de curcuma (Curcuma longa ou safran des Indes) où elle est présente en plus ou moins grande quantité.

curcuma

On estime qu’il faut de 20 à 100 mg de poudre de curcuma pour obtenir 1 mg de curcumine. Mais la curcumine n’est que l’un des 3 composés phénoliques du curcuma, regroupé sous le nom de curcuminoïdes : la curcumine, la déméthoxycurcumine et la bisdéméthoxycurcumine.

L’intérêt pharmaceutique et scientifique que représente la curcumine ne date pas d’aujourd’hui. La molécule est utilisée depuis longtemps dans les médecines ayurvédique, chinoise et japonaise. Au XIXème siècle, les travaux des scientifiques allemands Vogel et Pelletier avaient déjà permis d’isoler la curcumine des rhizomes de curcuma.

Au fil des recherches, le curcuma et ses curcuminoïdes ont révélé bien des vertus pour la santé. Au cours de la première moitié du XXème siècle, les recherches se sont intensifiées pour mieux comprendre le mode d’action de cette molécule et notamment son activité anticancéreuse.

La curcumine est aujourd’hui proposée en complément alimentaire, le plus souvent sous forme de gélules ou en poudre. Dans cet article, nous vous invitons à une rétrospective des principaux bienfaits de la curcumine, une molécule naturelle qui a réinventé l’approche thérapeutique de certaines maladies.

Les bienfaits et propriétés

Les études consacrées aux curcuminoïdes et plus spécialement à la curcumine ne manquent pas.

curcuma cuillère

En 2013, on comptait pas moins de 1000 publications se rapportant à la curcumine contre environ 500 dans les années 2000. Si elle attire autant l’attention de la communauté scientifique et médicale, c’est parce que son mode d’action sur l’organisme est particulièrement intéressant.

D’une part, la curcumine est un puissant actif anti-inflammatoire dont l’activité est similaire à celle de l’aspirine, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). C’est en tout cas ce qu’a révélé une étude de 2009 pour évaluer l’effet de la curcumine par rapport à l’aspirine et autres anti-inflammatoires classiques[1].

Au cours de cette étude, les résultats ont montré « l’utilité de la curcumine comme traitement adjuvant aux anti-inflammatoires classiques » puisque leur association a eu un effet synergique. L’administration quotidienne de cette association a diminué les taux de TNF-alpha, une molécule majeure dans le phénomène de l’inflammation, démontrant ainsi l’activité anti-inflammatoire. La curcumine est donc une réponse possible aux maladies inflammatoires comme l’arthrite.

En 2016, une étude conclu que « les extraits de curcuma et la curcumine peuvent être prudemment recommandés pour soulager les symptômes de l’arthrite, en particulier de l’arthrose » car ils entraînent une amélioration similaire des symptômes sous ibuprofène et diclofénac sodique[2].

Autre propriété reconnue de la curcumine : sa capacité à contrer l’action des radicaux libres. Comme dit précédemment, cette molécule est principalement antioxydante c’est à dire qu’elle est capable de ralentir ou d’empêcher le processus d’oxydation engendré par les radicaux libres. L’oxydation du corps humain se traduit par des dommages au niveau des cellules et des molécules biologiques et engendre de nombreuses maladies.

Parmi toutes les épices, les fruits et les légumes, le curcuma est certainement l’une des plantes les plus antioxydantes qui soient et l’une des plus efficaces pour lutter contre le processus d’oxydation. Une étude de 2008 consacrée aux propriétés anti-oxydantes et anti-radicalaires de la curcumine a notamment démontré cette activité de piégeage de radicaux libres[3].

Ainsi, la curcumine participe d’une manière générale au bon fonctionnement, au bien-être et à la protection de l’organisme. Mais son action antioxydante a d’autres conséquences, notamment sur des pathologies plus sérieuses.

En effet, au cours des dernières années, la curcumine a montré des effets bénéfiques sur diverses maladies comme le diabète et certains cancers.

Chez les personnes atteintes de diabète sucré, la curcumine a été considérée comme « appropriée pour la prévention et l’amélioration du diabète » et a montré une réelle efficacité pour atténuer les effets du diabète et ses complications. C’est ce que démontrent les résultats d’une étude publiée en 2013[4]. La curcumine semble agir favorablement sur la plupart des principaux aspects du diabète, notamment sur la résistance à l’insuline, l’hyperglycémie, et l’hyperlipidémie (taux élevé de graisse dans le sang).

Les chercheurs ont également découvert que la curcumine était efficace pour retarder le développement du diabète de type 2 chez les personnes pré-diabétiques[5].

Enfin, plusieurs études ont mis en évidence le potentiel de la curcumine comme traitement anti-cancéreux. Là encore, c’est à son action antioxydante que l’on doit cette propriété. La curcumine est ainsi capable de tuer une grande variété de types de cellules tumorales tout en laissant intactes les cellules saines. De plus, elle est bien tolérée par les patients, même à des doses très élevées[6] [7], contrairement aux agents chimiothérapeutiques anticancéreux classiques.

Des résultats prometteurs pour la médecine et les personnes atteintes d’un cancer… Il convient toutefois de rester prudent : d’autres études sont encore en cours pour confirmer ou non cette propriété.

Les contre-indications et effets indésirables

La curcumine a l’avantage de présenter peu de contre-indications.

Elle n’est toutefois pas recommandée chez les personnes qui souffrent d’obstruction des voies biliaires, d’une maladie du foie, d’ulcère de l’estomac ou du duodénum ou ayant une intervention médicale dans les 15 jours.

Bien entendu, nous vous conseillons de demander conseil à votre médecin avant toute tentative d’automédication ou prise de curcumine. La posologie et la durée de la prise diffère d’une personne à une autre, en fonction des besoins, de l’âge, de l’état de santé…

La consommation de curcumine peut entraîner des effets indésirables dont les plus fréquents sont une sensation de sécheresse dans la bouche, des ballonnements et des gaz. En cas de surdosage, des brûlures d’estomac, des nausées et des vomissements peuvent également apparaître. Si vous constatez de tels symptômes, stoppez la consommation de curcumine et consultez votre médecin.


[1]. Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19455263

[2]. Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5003001/

[3]. Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18547552

[4]. Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3857752/

[5]. Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3476912/

[6]. Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23303705

[7]. Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2758121/

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